Plus qu’un simple repas : mon parcours au sein de trois programmes de petits déjeuners en Colombie-Britannique

18.06.2026
4 minutes de lecture

Par Taelyr Keeley, coordonnateur de programme

Ce fut une magnifique semaine sur la route. Entre les trajets matinaux en voiture dans de superbes paysages montagneux et un déplacement sur un traversier offrant une vue panoramique sur un lac paisible, j’ai eu le privilège de découvrir une autre forme de beauté : celle des programmes de petits déjeuners en action.

Ces visites sont toujours d’une grande importance pour moi. Elles me permettent de rencontrer les personnes dévouées qui œuvrent en coulisses et de mieux comprendre le rythme unique de chaque communauté. J’ai pu constater de près les défis géographiques et économiques auxquels ces écoles font face et, surtout, j’ai été témoin de la résilience, de la créativité et de l’engagement dont elles font preuve pour les surmonter.

Voici un aperçu de la façon dont trois écoles extraordinaires redéfinissent le petit déjeuner.

École primaire Nicholson : Le pouvoir de la pause

Nichée juste à l’extérieur de Golden, j’ai visité une petite école où le petit déjeuner est véritablement intégré au quotidien.

Chaque matin à 8 h, Lisa prépare le déjeuner, offrant des rôties, du yogourt, du gruau et des barres de céréales, ainsi que des bols de fruits et de légumes frais pour les quatre classes. Les élèves ont un rôle actif dans le programme : ils aident à disposer les aliments, servent leurs camarades et apportent les bols dans les classes.

L’impact de ce modèle est remarquable. Le fait d’avoir de la nourriture à portée de main en classe offre aux enseignants un outil simple, mais puissant. Lorsque l’énergie baisse ou devient un peu trop élevée, un simple « C’est l’heure de la collation? » suffit à recentrer la classe et à redonner de la concentration aux élèves.

Le sentiment d’appartenance chez les élèves est évident. Il y a plus d’élèves qui souhaitent aider que de places disponibles sur la liste. Dans une école où plusieurs doivent faire de longs trajets en autobus tôt le matin, le programme de Lisa fait bien plus que fournir de la nourriture : il crée des liens, une routine et un bon départ pour la journée.

École secondaire de Nakusp : Servir la dignité

Ce déplacement pittoresque en traversier sur le lac Upper Arrow m’a mené à l’école secondaire de Nakusp. Dans cette communauté isolée et très soudée, les mercredis ont une signification bien particulière : un festin de petits déjeuners chauds.

Il y a des bouchées aux œufs, des crêpes, du pain doré et des galettes de pommes de terre. Dans cette salle, on a davantage l’impression d’être dans une cuisine familiale que dans une cafétéria. J’ai pu observer le directeur Mike et la cheffe de l’école Kristy travailler côte à côte pour servir les élèves, créant une atmosphère empreinte d’une grande chaleur et d’hospitalité.

Vivre dans une région isolée vient avec des défis importants, notamment la hausse des coûts alimentaires et un accès limité aux produits frais. Pourtant, la résilience de cette communauté est remarquable. Pour répondre à ces réalités, l’école offre également un souper chaud gratuit quatre soirs par semaine. Elle contribue ainsi à éliminer la stigmatisation liée à l’insécurité alimentaire, en démontrant que l’équité et la dignité peuvent être intégrées à chaque repas.

École secondaire Revelstoke : L’innovation sur un chariot

Avec comme toile de fond spectaculaire les montagnes Columbia et Purcell, l’école secondaire de Revelstoke offre une vue à couper le souffle. Mais ce qui a vraiment attiré mon attention se passait à l’intérieur, autour d’un simple chariot mobile.

En l’absence d’un espace de cuisine officiel, Crystal n’a pas baissé les bras. Au contraire, elle transforme un espace commun avec de simples plaques de cuisson, des grille-pain et beaucoup d’ingéniosité. Le matin de ma visite, elle préparait des crêpes au blé entier et servait des muffins au chocolat et aux courgettes faits maison, habilement adaptés pour réduire de moitié la quantité de sucre. Une véritable leçon de débrouillardise.

Avec 60 élèves sur 400 participants, le potentiel de croissance est important. Les dirigeants du district se mobilisent également : ils collaborent avec des agriculteurs locaux pour réduire les coûts et améliorer la qualité, tout en planifiant la création d’un centre de cuisine centralisé pour la région. Revelstoke démontre qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’une infrastructure ultramoderne pour avoir un impact important.

Un merci du fond du cœur

En rentrant chez moi à la fin de cette semaine extraordinaire, j’ai ressenti une immense gratitude. Je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui m’ont si généreusement accueilli dans leurs écoles et leurs communautés. Ce fut un véritable privilège de pouvoir retrousser mes manches, préparer le déjeuner à vos côtés et constater de mes propres yeux l’incroyable différence que ces programmes font chaque jour pour les élèves.

Qu’il s’agisse d’un chariot ingénieux à Revelstoke, d’un festin du mercredi à Nakusp ou d’une collation partagée en classe près de Golden, vous démontrez une vérité simple et puissante : lorsque nous innovons pour nourrir un élève, nous nourrissons aussi son potentiel.