Des changements ciblés : refonte d’un programme scolaire de petits déjeuners
Qu’arrive-t-il lorsqu’un programme d’alimentation en milieu scolaire passe d’un service utilitaire à un service de soutien? À l’Amisk Community School de la nation crie de Beaver Lake, la réponse est simple : les élèves sont enthousiastes à l’idée de manger, d’essayer de nouveaux aliments et de commencer leur journée rassasié(es) et prêt(es) à apprendre.
Le programme, chapeauté par Todd Cardinal, chef de l’école et formateur culinaire, a été repensé autour d’objectifs clairs : une alimentation équilibrée, des repas appétissants et une participation valorisante des élèves. Cette approche offre des solutions pratiques et adaptables susceptibles de servir de source d’inspiration aux programmes de petit déjeuner d’un océan à l’autre.
Quels sont les ingrédients essentiels?
Commencer petit à petit : des changements simples qui ont de grandes répercussions
Todd a soulevé le fait que l’un des changements les plus efficaces apportés aux programmes de petit déjeuner et de repas scolaires a été le remplacement des aliments hautement transformés par des solutions de rechange faites maison. Au lieu de se contenter de repas préemballés et de collations sucrées, le programme met désormais l’accent sur :
- Une cuisine créée à partir de zéro pour mieux contrôler la liste des aliments
- La réduction de sucres ajoutés au moyen d’autres options, comme le miel et l’agave
- L’intégration d’ingrédients entiers, comme la farine d’avoine et les produits frais
- Une offre de repas équilibrés comprenant des protéines, des céréales, des fruits ou des légumes
Même les petits changements que Todd a mis en place, comme ajouter de la saveur aux flocons d’avoine avant de les servir au lieu de proposer des garnitures sucrées, peuvent aider les élèves à faire des choix plus sains sans pour autant sacrifier le goût.
Apprivoiser le petit déjeuner
Plutôt que de retirer les mets préférés des élèves, le programme les adapte légèrement :
- Les crêpes, les gaufres et le pain doré sont préparés avec des ingrédients plus nutritifs, comme la farine d’avoine.
- Les sandwichs, les burritos et les omelettes du petit déjeuner constituent des choix riches en protéines qui conservent les œufs au menu.
- Des céréales riches en fibres sont proposées aux côtés de solutions de rechange composées de fruits et de yogourts, au lieu de céréales riches en sucre.
Cette approche « familière mais améliorée » permet aux élèves de se sentir à l’aise tout en découvrant progressivement des versions plus saines des aliments qu’ils aiment.
Faire participer les élèves pour instaurer la confiance
Une leçon importante : les élèves sont plus susceptibles d’essayer de nouveaux aliments lorsque leur avis et leur participation comptent. Voici quelques stratégies adoptées à l’Amisk Community School :
- Discuter avec les élèves et recueillir leurs commentaires de façon assidue
- Assurer la visibilité du programme dans la communauté scolaire
- Enseigner des techniques culinaires et des connaissances sur les aliments en classe
- Stimuler la curiosité en répondant à des questions sur les repas
La confiance ne s’instaure pas du jour au lendemain, mais la constance et les liens tissés changent la donne à long terme.
Faire des membres du personnel des champion(nes)
Le corps enseignant et le personnel de l’école jouent un rôle déterminant dans le développement du comportement des élèves. Ils peuvent contribuer à appliquer la stratégie consistant à inciter les élèves à « goûter une bouchée », une approche qui s’est avérée simple et efficace. Voici ce qui se produit lorsque le personnel véhicule des messages positifs entourant les aliments :
- Les élèves sont susceptibles de goûter à de nouveaux produits.
- Les discussions autour de la nourriture se poursuivent bien au-delà de la cafétéria.
- La curiosité remplace l’hésitation.
Cette approche collaborative renforce l’ensemble de l’environnement alimentaire à l’école, mais elle nécessite un effort collectif.
Introduire de nouveaux aliments sans pression
Il n’est pas nécessaire de bouleverser radicalement les habitudes alimentaires des élèves pour élargir leurs horizons gustatifs. À la place, il convient de procéder à une exposition progressive. Les réussites observées par Todd sont en grande partie des efforts constants déployés au fil du temps :
- Proposer des plats internationaux aux côtés de mets bien connus.
- Intégrer de nouveaux ingrédients aux recettes populaires.
- Accepter le fait que tous les nouveaux produits n’auront pas tous du succès.
La clé, c’est la persévérance. Avec le temps, les élèves deviennent plus audacieux(euses) et ouvert(es) à de nouvelles expériences.
Les répercussions de ces efforts vont bien au-delà de l’assiette. Grâce au leadership et à la persévérance de Todd, les élèves sont non seulement bien nourri(es), mais aussi plus enthousiastes à l’idée d’aller à l’école, participent plus aux discussions sur l’alimentation avec les camarades et la famille et plus ouvert(es) à avoir une relation positive avec de saines habitudes alimentaires. Les familles remarquent aussi la différence, notamment lors des repas communautaires où découvrir de nouveaux plats devient une expérience mutuelle.
L’approche de Todd souligne avec force qu’un changement important ne nécessite pas pour autant la refonte complète d’un programme. En se concentrant sur de petites améliorations réalisables, en accordant autant d’importance aux relations qu’à l’alimentation et en persévérant même lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, les programmes de petit déjeuner peuvent avoir une incidence durable. Ces programmes offrent bien plus que des repas : ils ont le pouvoir de forger des habitudes, de renforcer les liens communautaires et d’apporter de la joie au début de chaque journée d’école.